[14] La subite rupture

Divorce !

Divorce !

Lorsque j’avais 15 ans, un évènement a changé radicalement le cours de ma vie d’écolier de 4ème : Le divorce de mes parents.
J’en parle, aujourd’hui, avec beaucoup de recul car à l’époque j’étais à cent lieues d’imaginer ce qui allait se passer un certain vendredi de Janvier 1985. Les souvenirs sont intacts et resteront, je pense, gravés dans ma mémoire à tout jamais.

C’était un vendredi matin comme tous les vendredis matin, je prends mon cartable, je dis au revoir à mes parents et un peu pressé par le temps, je m’empresse de prendre le bus qui me conduira au collège. Je suis d’une humeur joyeuse car, depuis 15 jours, avec des camarades de classe, nous mettions une touche finale à une soirée qui devait normalement se dérouler chez moi 8 jours plus tard… Ma toute première soirée !
La journée se passe tranquillement, les heures de cours s’enchaînent et se ressemblent et enfin, la dernière heure de cours arrive à son terme. Je range mes petites affaires, je souhaite à mes camarades un bon week end, et machinalement je leur lance : « A lundi !! »… Sans savoir, hélas, que je ne les reverrai plus jamais !

Comme tous les jours précédents, je quitte la classe pour me diriger vers l’arrêt de bus situé à quelques mètres du collège. A peine sorti de l’enceinte de l’école, j’entends, derrière moi, quelqu’un qui klaxonne, je n’y fait pas attention et je continue mon chemin, mes pensées étant prises par la boom organisée la semaine suivante, mais les coups de klaxon se font plus insistants, je me retourne et je vois… mon père, debout, une jambe dans la voiture en train de m’appeler tout en agitant ses bras.

Très étonné, car ce n’était pas dans ses habitudes, et content, car il m’épargnait un trajet en bus, je me dirige tout sourire vers la voiture. Au moment d’ouvrir la portière, mon sourire se fige en reconnaissant quelques uns de mes jouets qui étaient encore ce matin dans ma chambre… Gros vide dans ma tête, je reste scotché sur place les yeux rivés sur mes affaires entassées sur les sièges arrière rabattus de la voiture. Je pus reconnaître quelques jouets et babioles, mais il y avait principalement des vêtements… mes vêtements… mais qu’est ce que tout cela faisait à l’arrière de la voiture ? Je sortis de ma torpeur lorsque mon père me demanda de monter. Ce que je fis.

Perplexe, je lui demande fébrilement la raison de tout cela. Sa réponse fût directe, il me répondit :
« Ta mère et moi avons décidé de nous séparer, j’ai pris tes affaires car tu vas habiter quelques temps chez ta grand-mère à Vannes… Le temps que les choses s’arrangent entre nous !’
« Ah ! d’accord… » Ce fût ma seule réponse, puis il enchaîne en me disant d’un ton sec « Lundi, tu iras dans ton nouveau collège avec Olivier (mon cousin) à St François Xavier… »

Et là ! Le clash… je comprends et d’un coup tout va très vite, je ne reverrais plus mes copains, mon collège, Nantes que j’adorais, et plus de boom… Bref, grand vide qui se solda par une grosse crise de larmes, je ne voulais pas abandonner tout cela, je ne voulais pas aller chez ma grand mère, et surtout je ne voulais pas changer de collège en milieu d’année…
Les pleurs n’y feront rien, nous arrivons chez ma grand-mère qui m’accueille évidemment les bras ouverts en essayant de me réconforter tant qu’elle pouvait.

Ma vie a pris un autre tournant ce soir là car les choses ne furent plus jamais comme avant… et dire que le matin même je me réveillais dans ma chambre, mon lit… Je ne comprenais rien et on ne me donna pas plus d’explications…

J’ai gardé pendant longtemps une grosse rancune envers mes parents, surtout que je ne revis ma mère que 6 mois après cet épisode, le temps pour elle d’emménager dans un autre lieu avec une autre personne, entre temps aucune nouvelle… rien. A l’époque, je n’avais rien vu venir… rien, et je leur en aie voulu de m’avoir mis devant le fait accompli aussi radicalement et subitement.
Aujourd’hui, avec du recul, cette rancune s’est, heureusement, estompée, et toute cette époque n’est plus qu’un mauvais souvenir, cependant, de temps en temps, je me met à imaginer, pendant quelques instants, ce qu’aurais pu être ma vie si nous étions rester à Nantes tous les trois… les choses auraient été assurément totalement différentes mais difficilement imaginables !!


Actuellement... 3 commentaires sur ce post


  1. - Toon -

    Des histoires différentes qui génèrent les mêmes sentiments…

  2. - Contrastes -

    C’était aussi en 1985 pour moi, je ne me souviens plus du moi, mai je crois, en tout cas, il faisait beau. Je n’ai rien compris, je ne m’y attendais pas aussi radicalement, je suis resté avec maman. Cette épreuve a due être douloureuse pour toi. Mais c’est bien, tu as su pardonner. Le temps fait don oeuvre, petit à petit.

  3. - Zep -

    J’avais 11 – 12 ans pour ma part et j’ai quelques souvenirs de l’annonce faite par mon père « entre hommes ». J’avais pas mouché mot. A l’époque, j’étais partagé. Mon père allait partir (ça me faisait mal) et pourtant j’entrevoyais quelques bénéfices pour ma vie. Leur divorce, qu’on a tous digérés quelques mois, nous a tous été positif. Il est devenu un père exceptionnel, ma mère a refait sa vie, j’ai pu grandir sans la peur d’être foutu dehors… Ma soeur a plus été touchée.

    Mais mon histoire est moins grave que la votre… un divorce à l’amiable, c’est toujours mieux pour les enfants.

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